
Le naturisme…Etre naturiste…En voilà bien des mots ou expressions qui suscitent curiosité, questionnement, envie, peur, et sont une source d’audience non négligeable dès qu’un média les utilisent pour titrer un documentaire ou reportage. Pourquoi est ce le cas ? Tout n’a-t-il pas d’ores et déjà été dit, montré, commenté, critiqué, jugé, etc. ?

Etre naturiste n’est pas anodin. Se mettre nu, à la vue des autres, faire fi de ses complexes, sortir de la zone de confort dans laquelle nous avons été éduqués (porter un vêtement), etc. Tout cela n’est pas si simple mais l’espérance que franchir ce pas apportera des réponses et un mieux être nous y encourage et nous permet de trouver la force de passer à l’action.
Et effectivement, être naturiste permet de s’aimer tel que l’on est ou au moins d’accepter son corps, avec ses imperfections et de se libérer du regard des autres et de leur jugement réel ou supposé.
Nos libertés sont chaque jour un peu plus attaquées pour de bonnes raisons bien sûr ! Pour notre sécurité, pour notre santé, pour la planète, pour le vivre ensemble, etc. Et là, on découvre un mode de vie, le naturisme, qui nous promet de retrouver notre liberté, de se libérer des carcans dans lesquels nous avons été ou bien nous sommes enfermés, de vivre simplement des moments où l’être l’emporte sur le paraître, où l’on se reconnecte avec soi même et où l’esprit de l’enfant qui dort en chacun de nous se réveille, cet enfant que la nudité ne choquait pas jusqu’à ce qu’on lui explique qu’il ne fallait pas être tout nu devant les autres, cet enfant dont l’esprit pur n’éprouvait ni gênes, ni émotions déplacées.
Être naturiste permet en quelque sorte de se libérer des convenances.

Malheureusement, l’image associée au naturisme finit souvent par le Cap d’Agde, haut lieu du libertinage. Et boom ! Tous les bienfaits du naturisme, toute sa philosophie et ses valeurs, tout le mode de vie naturiste, tout cela est alors balayé d’un revers de main.
La sexualité existe-t-elle chez les naturistes ? Encore heureux ! Les naturistes sont des humains comme les autres. Ils vivent aussi une sexualité. Mais la vraie question est de savoir si la nudité implique la sexualité. Et là, chacun vous répondra avec honnêteté que non. Le vêtement génère à lui seul plus de fantasmes sexuels. Une fois que vous avez tout découvert, le fantasme diminue considérablement.
Je compare souvent cela à la société de consommation dans laquelle nous sommes et que les enfants ou adolescents expriment très bien. Ils désirent tel objet à la mode, celui dont les publicités nous vantent les qualités depuis de longues semaines. Nous fantasmons l’objet, le désirons au point de ne pas pouvoir résister à l’idée de l’obtenir et à l’idéaliser. Alors, nous succombons et allons l’acheter. Et puis, là, une fois l’objet en main, on s’aperçoit qu’il n’a rien de particulier, il ne change pas notre vie, il ne provoque plus rien chez nous , pas de désir, de plaisir, etc.
Il en est de même d’un corps habillé et d’un corps nu. Le corps recouvert d’un vêtement nous laisse imaginer, fantasmer ce qu’il y a en dessous, ses formes, sa texture. Notre imaginaire fonctionne à plein régime. Le corps nu, lui, nous montre tout, nous sommes en pleine réalité. Notre imaginaire, nos fantasmes ont laissé place à un corps tout simplement. Pas de surprises : tout est là.
Cela signifie t-il que la sexualité, le désir, la libido n’existent pas chez le naturiste ? Non, cela signifie simplement qu’elle n’est pas le moteur premier et essentiel du mode de vie naturiste.
Etre naturiste, c’est aimer et vouloir se sentir libre : dans sa tête, dans son corps, dans son environnement. C’est être en harmonie avec les autres, la nature, et avec soi même.
Pierre Colline, contributeur du site naturiste Zerokini